Accès aux nouvelles locales : le bouton de l’alarme a été pressé

Le Comité permanent du Patrimoine canadien croyait n’avoir besoin que d’une dizaine de réunions pour se pencher sur la perte d’accès aux nouvelles locales et régionales à travers le pays.

Or, comme le précise la présidente du Comité, l’honorable Hedy Fry, il aura plutôt fallu y consacrer une année entière et appeler 131 témoins pour faire le tour de la question. Aujourd’hui, la sonnette d’alarme vient d’être pressée par le Comité.

Accès aux nouvelles locales : la sonnette d'alarme est pressée
(Source : Morguefile)

Le prix à payer pour ne pas avoir réagi plus tôt

À l’ère des nouveaux médias, le rapport rendu public aujourd’hui par le Comité témoigne de la complexité du dossier et de l’impact insoupçonné qu’ont eu les Google et Facebook de ce monde sur l’accès, et, pis encore, sur la qualité de l’information locale.

Au fil des pages de l’imposant document, l’on comprend à quel point l’environnement médiatique canadien et le monde du journalisme ont été fragilisés en à peine une dizaine d’années.

La présidente explique notamment que les problèmes connus aujourd’hui sont dus en grande partie au fait qu’on n’ait pas suffisamment porté attention au contenu de 2 rapports précédents.

En effet, les rapports d’un Comité présidé par Clifford Lincoln en 2003 et d’un autre du Comité sénatorial permanent des transports et des communications en 2006 étaient, à son avis, déjà prophétiques et annonciateurs des graves conséquences que l’on connaît maintenant.

Une vingtaine de recommandations

Le Comité a formulé une vingtaine de recommandations. Parmi elles, plusieurs suggestions sont particulièrement encourageantes. Sept pour être précis.

On remarque entre autres la création éventuelle d’un nouveau modèle de financement gouvernemental indépendant qui viendrait appuyer le contenu journalistique canadien.

Deux recommandation en matière de fiscalité sont aussi intéressantes. Celles d’autoriser la déduction de la publicité numérique sur les plateformes appartenant à des intérêts canadiens ainsi que de modifier la définition d’organisme de bienfaisance enregistré afin d’y inclure des médias sans but lucratif comme les nôtres.

Cette dernière mesure permettrait entre autres à nos radios d’émettre des reçus pour déduction d’impôt lors de campagnes de levée de fonds comme des tournois de golf ou des soupers communautaires.

Le Comité écrit également que le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) devrait recueillir davantage de données sur la situation de la radiodiffusion locale au Canada et identifier d’autres sources de financement pour le secteur de la radio communautaire.

Plus d’information des institutions fédérales dans nos communautés

Toutefois, parmi les constats les plus éloquents réalisés lors de ces travaux, l’on remarque que les membres du Comité se sont bien rendus compte que la baisse des publicités du gouvernement fédéral dans les médias locaux avait causé des torts considérables à des radios comme les nôtres.

À tel point qu’il est clairement recommandé que les institutions fédérales devraient diffuser davantage d’information dans les communautés ethniques, autochtones et de langues officielles.

On ne sait pas encore si cette suggestion se traduira nécessairement par un accroissement des campagnes publicitaires dans nos médias locaux. Mais c’est en tout cas une preuve flagrante de ce que notre organisation répète depuis des années. La baisse de la publicité fédérale dans nos médias minoritaires a causé un tort immense.

L’ARC du Canada s’estime satisfaite du travail accompli et remercie le Comité de lui avoir offert l’occasion d’y témoigner.

Plusieurs problématiques ont été relevées et des recommandations ont été formulées. Certaines avaient été soulevées par nous-mêmes lors du dépôt de notre mémoire et notre comparution.

Il est à souhaiter maintenant que le gouvernement du Canada y donnera suite afin que les citoyens Canadiens continuent à bénéficier d’une information locale qui reflète les réalités de leurs collectivités, et non celles dictées par les intérêts mercantiles d’entreprises étrangères telles que Google et Facebook.

(Source : Comité permanent du Patrimoine canadien)

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