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Le cas Nathalie Normandeau : sortir le Plan B sans délai

L’arrestation de l’ex-ministre libérale des Affaires municipales du Québec Nathalie Normandeau, un peu plus tôt ce matin, rappelle aux directions de stations radiophoniques l’importance d’être prêtes à toute éventualité dans ce domaine. Ayez toujours un Plan B sous le coude…

Le décès subit d’un animateur, son arrestation médiatisée ou encore sa disparition en forêt lors d’une excursion de chasse. Voilà autant de circonstances qui peuvent vous contraindre à vous retourner de bord rapidement, comme on dit en bon Canadien français.

Imaginez le casse-tête si, comme directeur de la station, vous arriviez au travail un lundi matin et que vous appreniez que votre animateur du retour à la maison a été arrêté la veille alors qu’il conduisait avec les facultés affaiblies par l’alcool…

geralt / Pixabay
Image : geralt / Pixabay

Faire vite et bien

Soyez prêt, entre autres choses, à devoir modifier en catastrophe le titre de l’émission si elle porte le nom de la personne incriminée. C’était le cas de l’émission « Normandeau-Duhaime » que Mme Normandeau co-animait jusque-là en compagnie d’Éric Duhaime.

Il y a fort à parier que les commentaires seront nombreux dans vos médias sociaux. Facebook est la tribune parfaite pour ceux qui veulent déverser leur fiel sur des personnalités publiques.

Là encore, il faudra vous assurer de contrôler les dommages en rassurant rapidement l’auditoire que vous prenez la situation en main et que vous allez réagir de façon ordonnée.

Préparez-vous également à devoir modifier toute référence dans votre site Web. Je vous dirais d’ailleurs que de nos jours, c’est sans doute l’une des premières choses à faire.

Il faudra à tout prix faire disparaître, du moins pendant un moment, les traces de cette personne en ondes. Ça implique de retirer immédiatement les thèmes sonores de l’émission, les promotions ainsi que les indicatifs où l’on en parle.

Si des publicités de l’émission sont disséminées à quelques endroits de la région, soit dans le journal, soit sur des panneaux d’affichage par exemple, vous devrez sans doute passer quelques coups de fil pour que celles-ci disparaissent.

Ce sont là des mesures temporaires qui permettront à la poussière de retomber tranquillement. Vous réagirez au moment opportun si les circonstances prenaient une autre tournure, mais vous ne pouvez vous permettre d’attendre.

 

Retirer la personne des ondes sans délai

Bien sûr, dans notre système de justice, l’accusé est innocent jusqu’à preuve du contraire. Sauf que lors d’une enquête judiciaire, l’opinion publique joue rarement en votre faveur. Il en va non seulement du mieux-être de la personne en question mais aussi de la réputation de l’entreprise.

ÉGALEMENT SUR NOTRE SITE :  « Ça va faire. Je lâche la radio ! »

Malgré la présomption d’innocence, les gens s’attendent à ce que vous réagissiez de manière claire et nette.

En plus du cas de Mme Normandeau évoqué plus haut, on rappellera que d’autres personnalités du monde de la radio ont elles aussi été la source de petits ou même de gros maux de tête pour la direction de leur station au cours des dernières années.

L’arrestation de l’animateur Robert Gillet en marge d’une affaire de prostitution juvénile en décembre 2002 en est un parfait exemple.

Et, si vous croyez que les radios en région sont exemptes de ce genre d’événements, détrompez-vous…

En mai 2012 dans la région de la Beauce, l’arrestation de Louis Poulin, alors entraîneur d’une équipe de football et journaliste sportif sur les ondes d’une radio locale, avait forcé la direction de l’entreprise à suspendre son employé le temps des procédures judiciaires. Poulin avait été condamné par la suite à 12 mois d’emprisonnement ainsi qu’une probation de trois ans, en plus de voir son nom être inscrit à vie au registre des délinquants sexuels.

La direction de la radio avait donc agit avec doigté lorsqu’elle avait décidé de le retirer des ondes dès le début des procédures; les événements qui suivirent furent beaucoup plus facile à gérer.

 

La morale de l’histoire ? Dans le domaine de la radio, si votre Plan A vous apparaît excellent, assurez-vous de disposer d’un Plan B qui soit, sinon meilleur, en tout cas aussi bon que le premier.

Parce qu’on ne sait jamais quand une tuile du plafond vous tombera sur la tête.

À votre station, avez-vous un Plan B ? Comment réagiriez-vous en de telles circonstances ?

 

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Simon Forgues

Agent (communications et développement) chez l'ARC du Canada
Diplômé en animation radio/télé au début des années 1990, il a œuvré pendant près d'une vingtaine d'années dans diverses stations de radio et a cumulé également des tâches en coordination musicale et à la programmation.
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