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Facebook rendra-t-il bientôt obligatoires les cours d’éducation aux médias?

Qu’attendons-nous pour dispenser des cours d’éducation aux médias sur les bancs d’école?

Le professeur d’université Normand Landry le suggérait récemment. On devrait réfléchir à l’instauration d’un cours obligatoire d’éducation aux médias pour tous les futurs enseignants.

Alléluia!, ai-je eu le goût de hurler en lisant ça. Personnellement, j’irais cependant plus loin.

Je pense que c’est toute la société qui aurait grand besoin de cours obligatoires en la matière. Parce que nous sommes tous devenus des médias dans une certaine mesure.

Des producteurs de contenu avec une image de marque à développer et à préserver, ainsi qu’une influence à petite ou grande échelle.

 

L’éducation au codage à 5 ans et l’éducation aux médias à 7 ans?

Certains prétendent que notre jeunesse devrait apprendre à coder dès la petite enfance. Ils n’ont pas tort. Notre vie est devenue rythmée, réglée au quart de tour par des algorithmes et des lignes de code de toutes sortes.

Mais discerner le vrai du faux n’est pas non plus un luxe de nos jours, particulièrement à l’ère des nouveaux médias.

Surtout lorsqu’une porte-parole de la présidence américaine nous présente en pleine conférence de presse des demi-vérités comme des «faits alternatifs».

Apprendre à distinguer le vrai du faux devrait être aussi naturel à la pré-adolescence que de s’apercevoir qu’un gros bouton va nous sortir dans le milieu du front lorsqu’on aperçoit une rougeur.

S’il y a du rouge autour de la nouvelle, c’est un bouton purulent et non de l’info.

Ça bouge vite l’actualité, particulièrement à l’ère des médias sociaux. On aperçoit tellement de récits épouvantables d’atteinte à la vie privée, de diffamation et quoi encore à travers Facebook, Twitter et les autres.

C’est que les gens ne réagissent ni assez rapidement, ni assez efficacement lorsqu’ils voient le bouton sortir.

 

Des faits particulièrement troublants

En juin 2016, un site Web publiait un article intitulé «Study: 70% of Facebook users only read the headline of science stories before commenting» (70 % des utilisateurs de Facebook ne lisent que les titres des actualités scientifiques avant de les commenter).

Sauf que le site en question, The Science Post n’est autre qu’un média satirique. Si l’on prend le temps de regarder tout en bas de la page d’accueil, on aperçoit…

The Science Post

Traduction : Toutes les histoires sont inventées. Sérieusement.

Hé bien, savez-vous à combien de reprises l’article a été partagé et commenté? À tout près de 58 000 reprises au moment d’écrire ce billet de blogue.

Loin de se calmer, les gens continuent de partager et de débattre — souvent sans même l’avoir lu — un article qui ne repose sur absolument aucune base scientifique.

Le plus ironique là-dedans, c’est qu’à part le titre et le premier paragraphe qui renfermait du texte réel, tout le reste de l’article n’était en fait qu’un faux-texte en latin, autrement appelé du lorem ipsum.

Facebook rendra-t-il bientôt obligatoires les cours d'éducation aux médias?

 

Faisons tous notre part

C’est effectivement possible que certains l’aient repartagé avec humour après s’être aperçu qu’il s’agissait d’un canular. Mais un fait demeure : une impressionnante quantité d’autres internautes l’ont partagé et commenté machinalement sans en avoir pris connaissance.

On a acquis au cours des dernières décennies d’impressionnantes connaissances sur le domaine informatique et l’on s’est donné de formidables outils de partage d’information et de réseautage. Mais ça va vite, trop vite parfois.

Se pourrait-il toutefois qu’à travers tout ça, nous ayons perdu un peu de notre esprit critique? Celui nécessaire à l’analyse d’une information avant de lui accorder du crédit. L’éducation aux médias serait-elle la clé pour résoudre le problème des fausses nouvelles? En tout cas, ça ne nuirait sans doute pas.

Posez-vous donc quelques questions avant de partager n’importe quoi en ligne. Sinon, relisez «Les nouvelles sur Internet, c’est comme les bonbons à l’Halloween» avec des conseils pour reconnaître les fausses nouvelles.

Pensez-vous comme moi qu’on devrait initier nos enfants à l’univers des médias sur les bancs d’école?

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Simon Forgues

Simon Forgues

Agent (communications et développement) chez l'ARC du Canada
Diplômé en animation radio/télé au début des années 1990, il a œuvré pendant près d'une vingtaine d'années dans diverses stations de radio et a cumulé également des tâches en coordination musicale et à la programmation.
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