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Et si radio rimait avec renouveau

(Par Simon Forgues) – Chez nous, on ne mesure plus tout à fait l’importance de la radio hertzienne.

On l’aime encore, mais disons simplement que nos belles “fréquentations” sont un peu plus épisodiques qu’elles ne l’étaient jadis.

À vrai dire, ce n’est pas tellement la faute des auditeurs comme celle des programmateurs, selon moi.

La preuve en est qu’il y a encore des émissions radiophoniques très populaires à la radio Belle jeune femme qui écoute la radioterrestre, et même, dans bien des cas, nettement meilleures que des podcasts pourtant très téléchargés en ligne.

Mais l’un des gros problèmes, comme je l’écrivais récemment dans un billet consacré à la musique, c’est qu’on manque de plus en plus d’imagination en radio. Plusieurs stations adoptent la voie de la facilité, le confort oisif des palmarès mille fois entendus, et celles qui osent, comme cette station de Québec par exemple, se font malheureusement de plus en plus rares.

Autre pays, autres mœurs, même réalité

Au Canada, on trouve de nos jours assez peu d’endroits qui ne soient desservis ni par le réseau électrique ni par Internet et, plus souvent qu’autrement, à peu près tous les Canadiens ont accès à la télévision par câble sinon par le satellite. Aussi bien dire que l’offre médiatique, même si elle reste concentrée entre une poignée de grandes entreprises en maints endroits du pays, n’en est pas moins très importante.

AfriqueEn Afrique en revanche, alors que l’analphabétisme relègue encore la presse écrite au rang de média destiné à l’élite, et que la télévision, quoiqu’elle se soit améliorée depuis quelques années, demeure encore confinée aux régions urbanisées, la radio est un outil intimement lié au développement humain.

C’est un média apprécié des Africains puisqu’elle perpétue la tradition orale sur laquelle s’est construite la société africaine. Les récepteurs radio sont encore relativement peu coûteux, faciles à utiliser et, contrairement aux téléviseurs, ils sont la plupart du temps portatifs.

Surtout que de nos jours, la couverture du continent noir par la radio n’est plus seulement l’affaire de l’État mais aussi de plus en plus de radios privées et communautaires, qui contribuent ensemble à enrichir l’offre d’émissions et la diversité des sources d’information.

Ce n’est donc pas étonnant qu’elle jouisse d’un si bon bassin d’auditeurs. Très différent de notre situation, me direz-vous. Pas tant que ça.

Que je sache, il y a encore des promoteurs au pays qui présentent au CRTC des demandes de nouvelles licences ou encore des renouvellements, et chaque jour, aux quatre coins de l’Amérique, les gens quittent la maison et filent sur les routes au son de la radio.

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Ça doit bien vouloir dire qu’il y a encore une vie pour la radio hertzienne, mais pourquoi ne pourrait-elle pas redevenir chez nous un outil de développement comme elle le fut à une certaine époque ?

Avez-vous oublié que c’est la radio qui nous a offert le radio-roman, l’ancêtre de nos feuilletons télévisés actuels ? Que plusieurs humoristes tels que François Pérusse ou Alain Dumas ont fait leurs premiers pas dans le métier ? Que certains grands journalistes ont réalisé leur premier reportage à la radio ?

Le système D

J’imagine pour la radio hertzienne nord-américaine, et par extension celle de tout l’Occident, de très belles années encore devant elle.

Mais encore faudra-t-il qu’elle se réinvente et redevienne un outil de découverte et de développement au lieu d’une simple boîte musicale.

Qu’elle abandonne par exemple les formules toutes faites comme le TOP 40 au profit d’autres formats comme la découverte musicale ou même la redécouverte de succès mineurs d’autres fois.

Pourquoi ne pas commencer par une formule musicale TOP 100, tiens ? Ça ferait déjà une soixantaine de nouvelles chansons de plus autour desquelles articuler la programmation. Non mais, sans blague, rafraîchir le catalogue musical, puis le regarnir quelque peu, ça ne vous dirait pas, à tout hasard ?

Il y a encore des directeurs musicaux qui se demandent comment se fait-il que les gens préfèrent de plus en plus la radio parlée ? C’est qu’elle n’offre pas toujours les mêmes sempiternelles chansons et qu’on y parle. Point. Quelque chose de différent, voilà tout.

Notre radio hertzienne devra offrir la diversité des genres musicaux, des points de vue exprimés en ondes, même des styles d’émissions.

Elle devra offrir le contenu que les gens veulent entendre et non plus imposer son format comme elle l’a fait jusqu’à l’avènement du Web.

Bref, elle devra, selon moi, se renouveler de fond en comble et se redonner une âme au lieu de ne devenir qu’une pâle imitation de formules empruntées à gauche et à droite.

Une problématique que vit cruellement la télévision généraliste depuis déjà plusieurs années. Avec les conséquences qu’on connaît.

Photo de la jeune femme écoutant la radio courtoisie de marin / FreeDigitalPhotos.net

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