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La radio commerciale sous la lentille du microscope

(Par Simon Forgues) – Le CRTC a lancé hier un appel aux observations pour une révision ciblée des politiques relatives à la radio commerciale.

La dernière révision remonte à 2006, et depuis, comme le rappelle le Conseil, le secteur est demeuré relativement stable tant au plan des finances que de l’écoute.

Tout en mentionnant qu’il n’est pas opportun de réviser de fond en comble la politique, du moins pas pour l’instant, le CRTC croit tout de même qu’il serait plus que temps de passer un coup de plumeau pour en dépoussiérer certains aspects.

 

Les radios commerciales tiendront-elles le même discours ?

Dans un contexte où le spectre se raréfie au pays, on s’interroge notamment sur la pertinence d’adopter une approche commune de publication d’appel de demandes, et ce, quelle que soit la taille du marché.

Lors de la révision de la Politique relative à la radio de campus et à la radio communautaire publiée en 2010, le secteur de la radio communautaire et de campus avait clairement exprimé qu’à son avis, le Conseil n’accordait pas une priorité suffisante à l’attribution de licences à de telles stations.

Certains avaient même suggérer que le Conseil devrait examiner si un marché est bien desservi par des stations de radio de campus et communautaire avant d’approuver des demandes de stations de radio commerciale ou de la SRC.

Sans surprise, le secteur de la radio commerciale s’y était objecté en soutenant que les demandes de nouvelles stations de radio devaient être évaluées sur leur bien-fondé, en tenant compte de l’utilisation optimale des rares fréquences disponibles.

L’organisme avait alors répondu que, selon lui, « les présents critères d’évaluation des demandes de stations de radio de campus et communautaire dans un contexte concurrentiel demeurent adéquats pour trouver un équilibre entre les besoins du marché et l’utilisation optimale du spectre disponible. »

Maintenant que leur propre politique réglementaire doit être révisée, il sera intéressant de voir si les radiodiffuseurs commerciaux, petits et gros, resteront solidaires les uns des autres, et s’ils tiendront le même discours qu’à l’époque, à savoir qu’il ne doit y avoir aucun statut particulier.

 

Les ventes nationales, locales et… régionales

Le Conseil souhaite aussi obtenir des avis sur la pertinence de redéfinir (ou pas) ce que représentent la publicité locale et nationale. Serait-il d’ailleurs pertinent, s’interroge-t-on, de formuler une nouvelle définition pour la publicité dite régionale ?

Il faut bien comprendre que le processus de vente publicitaire n’est pas le même selon qu’on parle de publicité locale ou encore nationale, et l’on comprend rapidement l’importance d’un tel questionnement alors que des titulaires de licence ont des conditions leur interdisant de solliciter de la publicité locale dans certains marchés, tandis que d’autres ont des conditions qui les contraignent à ne solliciter que de la publicité nationale.

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C’est là que la notion de « publicité régionale » viendrait sans doute prendre tout son sens, et, dans ce dossier également, il sera particulièrement intéressant d’assister au rapport de force qui s’établira entre les géants de l’industrie tels que Bell et Corus, ou même la radio publique qui interviendra peut-être, et, de l’autre côté, les petits joueurs régionaux dont ceux de l’association des radios régionales francophones.

La belle solidarité des radiodiffuseurs commerciaux continuera-t-elle de tenir indépendamment de leur taille et de leur marché ?

 

Technique, vous avez dit technique

Des autres sujets auxquels on s’intéressera, il y a celui de la radio hybride numérique (HD Radio), une technologie qu’utilisent nos voisins du Sud, mais qui n’a pas encore réellement traversé de notre côté de la frontière hormis quelques essais notamment chez Corus.

Le CRTC se demande donc s’il faut établir un cadre réglementaire pour mieux encadrer cette technologie qui n’en est encore qu’à ses premiers balbutiements au Canada.

 

Enfin, comme dernier sujet d’intérêt, et non le moindre, il est aussi question de braquer le microscope sur les cas de non-conformité au sein des radios commerciales.

Le Conseil note qu’encore trop de cas de non-conformité subsistent chaque année dans le secteur de la radio commerciale.

On parle notamment de problèmes au chapitre de la promotion des artistes canadiens et du développement du contenu et des talents canadiens, de rapports annuels incomplets ou carrément pas déposés, ainsi que quelques autres irrégularités.

L’organisme fédéral verra donc s’il est possible d’établir de nouveaux outils et des mesures supplémentaires pour mettre au pas les délinquants du secteur.

 

On peut consulter l’avis au http://crtc.gc.ca/fra/archive/2013/2013-572.htm pour connaître toutes les questions pour lesquelles on souhaite obtenir des réponses.

On utilise ensuite le formulaire en ligne afin de soumettre nos observations, interventions ou réponses. La date limite pour soumettre votre point de vue est le 16 janvier 2014.

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Simon Forgues

Agent (communications et développement) chez l'ARC du Canada
Diplômé en animation radio/télé au début des années 1990, il a œuvré pendant près d'une vingtaine d'années dans diverses stations de radio et a cumulé également des tâches en coordination musicale et à la programmation.
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