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Le CRTC rend une décision importante pour l’industrie de l’Internet au pays

fibre optique(Par Simon Forgues) – Même si M. et Mme Tout-le-monde n’en mesurent pas encore la portée, c’est tout de même une décision importante que le CRTC vient d’annoncer concernant les services Internet à large bande au Canada.

Dans une décision rendue publique hier, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) annonce en effet des mesures visant à favoriser la concurrence dans le domaine des services d’Internet à large bande.

Le Conseil n’a pas fléchi devant les arguments des grands fournisseurs d’accès Internet canadiens qui prétendaient ne pas avoir à partager certaines de leurs infrastructures d’Internet à large bande avec les fournisseurs de plus petite taille.

Je parle nommément du réseau de fibre optique que les géants des télécommunications comme Bell entre autres sont en train d’installer un peu partout dans les collectivités canadiennes.

Bell avait beau prétendre que ça lui avait coûté très cher pour aménager son réseau de fibre optique à différents endroits du pays. Soit. Je peux comprendre ça.

Mais, je ne vois pas pourquoi ces installations, aménagées dans bien des cas sur des portions de territoires appartenant aux villes et aux provinces, ne devraient-elles pas être mises à profit pour le bénéfice de l’ensemble des consommateurs.

Concrètement, ça veut dire quoi pour le consommateur ?

Ça veut dire qu’au lieu de n’avoir qu’une poignée d’entreprises qui proposent des forfaits d’accès Internet sur fibre optique comme c’était le cas jusque-là, nous en aurons bientôt plusieurs.

Si ça ne vous tente pas d’adhérer aux services de Bell pour mille et une raisons, parce que vous n’aimez pas leur service à la clientèle basé à l’autre bout du monde par exemple, ou encore parce que vous préférez encourager de plus petits entrepreneurs, vous pourrez très bientôt le faire quand vous choisirez d’adhérer à un service de fibre optique.

C’est le but avoué de cette décision rendue par le CRTC.

Comme c’est le cas actuellement pour Internet ADSL ou par câble, les petites fournisseurs d’accès Internet pourront acheter en gros de la bande passante sur fibre optique aux fournisseurs comme Bell et les autres qui possèdent des infrastructures de pointe, puis revendre cette bande passante aux consommateurs à travers des forfaits plus compétitifs.

Et ça, comme le spécifie le CRTC, c’est sur l’ensemble du territoire canadien, en commençant d’abord par l’Ontario et le Québec.

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Le technicien de la petite compagnie installera le fil depuis votre demeure ou votre entreprise jusqu’aux installations du ou des fournisseurs de services de gros et voilà ! Vous bénéficierez vous aussi d’Internet sur fibre optique, mais sans doute à un meilleur tarif parce que vous aurez eu le choix de magasiner.

Le CRTC estime que cette décision permettra aux Canadiens de jouir dans l’avenir de débits plus élevés afin de combler leurs besoins. Je l’espère.

Je pense qu’on peut se réjouir d’une telle décision qui permettra à des radios comme les nôtres de profiter très bientôt (espérons-le) de services d’Internet à large bande de bien meilleure qualité et à des tarifs sans doute moins élevés que ceux actuellement proposés par une poignée de fournisseurs Internet.

Pour faire une image un peu simple, disons que le CRTC va continuer de contraindre les gros joueurs à laisser de la place aux plus petits dans le bac à sable. C’est aussi simple que ça.

Si déjà, des entreprises comme TekSavvy ou Electronic Box, pour ne nommer que celles-là, peuvent avoir accès aux installations de câble et de ligne ADSL de Bell, Rogers ou Vidéotron pour pourvoir aux besoins des consommateurs en matière d’Internet, je ne vois pas personnellement pourquoi en aurait-il été autrement avec la fibre optique.

Attendons de voir combien ça prendra de temps avant qu’on n’en voit les répercussions cependant. J’ai lu à quelques endroits que les grandes entreprises n’entendent apparemment pas en rester là. Faudra voir.

Croyez-vous que le CRTC avait raison de rendre une semblable décision ? Ou, au contraire, êtes-vous craintif des répercussions ?

 

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Simon Forgues

Agent (communications et développement) chez l'ARC du Canada
Diplômé en animation radio/télé au début des années 1990, il a œuvré pendant près d'une vingtaine d'années dans diverses stations de radio et a cumulé également des tâches en coordination musicale et à la programmation.
  • Simon Forgues

    Puisque la question a été soulevée par l’une de nos abonnées sur notre page Facebook, et qu’elle n’a à peu près pas été abordée dans le billet, je pense qu’il importe d’y répondre parce qu’elle est quand même très importante.

    Quel sera l’impact pour la radiodiffusion ?

    Je tiens à préciser que tout cela est au conditionnel bien sûr, puisqu’il est encore un peu tôt pour se prononcer sur ce dont auront l’air les forfaits, quels seront les tarifs, etc. On devra attendre encore un moment avant qu’on assiste à une réelle ouverture du marché, mais…

    L’on peut s’attendre par exemple que les stations qui utilisent un accès Internet à large débit pour leur STL-IP (studio to transmiter par protocole Internet) pourront bénéficier éventuellement d’un meilleur débit si la fibre optique arrive jusqu’à la station.

    Une connexion plus stable et peut-être aussi à de meilleurs tarifs que ceux qu’ils déboursent en ce moment. La technologie reste encore relativement émergente actuellement dans le secteur radio, mais on pourrait la démocratiser avec l’arrivée de la fibre.

    Cela relève bien sûr de la possibilité qu’ils puissent magasiner leur fournisseur, ce qui n’est pas vraiment le cas en ce moment.

    Ça pourrait aussi permettre à des radios d’héberger éventuellement elles-mêmes leur encodeur de streaming audio au lieu de recourir aux services de firmes externes, étant donné qu’elles auront de meilleurs débits par la fibre optique.

    En supposant que vous bénéficiez d’une connexion à 300 méga-octets (300 000 kilooctets) à la seconde, ça devient beaucoup plus intéressant de disposer de son propre encodeur et d’ouvrir une centaine de connexions de streaming à 128 Ko/s (total de 12,5 Mo/s) sans trop compromettre la navigation Web et les autres besoins de l’entreprise.

    Pour peu évidemment que l’on dispose de suffisamment de bande passante pour accommoder ces connexions. Ça, c’est une autre affaire.

    L’on peut également imaginer qu’en disposant d’un accès à la large bande sur fibre optique, les radios téléchargeront plus rapidement leurs fichiers sonores (émissions de producteurs externes, chansons, publicités, etc.). Ça accélérera donc les opérations courantes liées à la programmation.

    Et quoi encore.

    Bref, les possibilités qu’offrira la fibre optique en comparaison d’une connexion ADSL ou même par câble sont indéniables, même pour des applications dans un contexte d’affaires d’une radio.

    Simon Forgues

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