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Notre comparution du 29/11/2012 au CRTC

Voici la transcription de notre présentation devant les conseillers du CRTC en ce 29 novembre 2012 à l’occasion des audiences sur le renouvellement des licences de CBC/Radio-Canada.

La présentation est faite par MM. Martin Bougie et François Coté, respectivement directeur général de l’Association des radiodiffuseurs communautaires du Québec (ARCQ) et secrétaire général de l’Alliance des radios communautaires du Canada (ARC du Canada).

 

Martin Bougie (directeur général de l’ARCQ)

« Monsieur le président, mesdames et messieurs les conseillers, l’Association des radiodiffuseurs communautaires du Québec et l’Alliance des radios communautaires du Canada vous remercient de leur offrir la chance de venir exprimer leur opinion lors de ces audiences du CRTC sur les services de CBC/Radio-Canada.

Nos deux organisations, vouées à la promotion et la défense des intérêts des radios communautaires, ont toujours cru à la pertinence de trois piliers dans notre système de radiodiffusion canadien, c’est-à-dire public, privé et communautaire.

Chacun des piliers a son rôle à remplir, tous sont complémentaires les uns des autres, et le cadre réglementaire doit permettre à chacun de réaliser sa mission, tant au chapitre de son financement que de ses obligations.

Il est souhaitable voire même essentiel à notre avis que les trois piliers collaborent afin d’offrir aux citoyens un univers radiophonique qui soit à la fois diversifié, pertinent et performant. »

 

François Coté (secrétaire général de l’ARC du Canada)

« Nous allons traiter essentiellement de deux sujets lors de notre présentation.

D’abord des inquiétudes que nous avons quant à la diffusion de publicités à l’antenne d’Espace Musique et de CBC Radio 2, puis d’un accroissement que nous estimons souhaitable de la collaboration entre Radio-Canada et nos radios communautaires.

Premièrement, et contrairement à ce qu’affirmait la semaine dernière M. Jean Mongeau devant vous, nous n’avons pas du tout l’impression que l’arrivée de CBC/Radio-Canada va “rajouter de l’échelle au volume total publicitaire et au marché potentiel.”

On ne péchera pas par un semblable élan d’optimisme, puisqu’en regardant les revenus tirés de la vente de publicité au gouvernement pour les cinq dernières années, on constate qu’à part 2011, au cours de laquelle il y a eu une grosse campagne sur le recensement, et 2009 avec la campagne sur la grippe A (H1N1), nos revenus provenant du gouvernement ne cessent de fléchir.

À l’heure actuelle, pour cette année, nos revenus publicitaires provenant du gouvernement sont à peu près onze fois moins élevés qu’ils ne l’étaient pour l’année fiscale radio en 2011-2012, et quinze fois moins élevés qu’ils ne l’étaient pour l’année fiscale gouvernementale 2011-2012.

C’est vous dire, mesdames et messieurs, à quel point la différence est immense. »

 

Martin Bougie (directeur général de l’ARCQ)

« Si CBC/Radio-Canada obtient le droit de diffuser de la publicité à l’antenne de CBC Radio Two et d’Espace Musique, loin d’apporter de l’échelle au marché, comme l’affirmait M. Mongeau, nous sommes d’avis qu’au contraire, on assistera à une fragmentation de l’assiette publicitaire et que cela créera une pression indue sur notre secteur.

Il est peu probable que cette nouvelle offre amène les annonceurs à augmenter leurs investissements, et, comme CBC/Radio-Canada entretient déjà des relations privilégiées avec une multitude de grands annonceurs nationaux à travers ses autres plateformes, son arrivée dans le marché publicitaire radiophonique aura un impact à très court terme, ce qui nous laissera peu de temps pour nous repositionner.

Les revenus en provenance des sources publiques représentent en moyenne moins de 20 % du budget d’une radio communautaire, et nos radios doivent donc combler 80 % de leur budget par des sources de revenus autonomes de la communauté ou de la vente de publicité; il est donc certain que l’avènement d’un joueur comme CBC/Radio-Canada s’avérerait catastrophique.

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Nous craignons particulièrement que le gouvernement, qui n’achète malheureusement déjà pas beaucoup de publicité dans nos radios communautaires, décide d’acheter du temps d’antenne à CBC/Radio-Canada plutôt que sur nos radios, afin de pallier en quelque sorte aux récentes coupures budgétaires et en même temps continuer à se soumettre à ses obligations en vertu de la Loi sur les langues officielles. »

 

François Coté (secrétaire général de l’ARC du Canada)

« Dans le contexte actuel, plusieurs de nos stations communautaires ne parviennent pas à générer suffisamment de revenus pour réaliser pleinement leur mission en termes d’information locale, de promotion des nouveaux talents, d’accès citoyen aux ondes et de services à la communauté.

Nous sommes conscients du rôle de la Société d’État, et, en même temps que nous nous inquiétons des conséquences tragiques que pourraient avoir la vente publicitaire sur l’ensemble des communautés francophones du pays, nous sommes d’avis qu’une plus grande collaboration entre nos deux secteurs serait bénéfique pour l’ensemble de l’univers médiatique au pays, et ce, nonobstant la décision d’autoriser ou non la vente de publicité à l’antenne d’Espace Musique et CBC Radio 2.

Il existe de nombreuses similitudes sur la façon de faire de la radio entre Radio-Canada et nos stations communautaires, dans l’ADN de nos missions respectives, en ce sens qu’elles sont toutes deux tournées vers le citoyen et non la recherche de profits : l’une est à l’échelle nationale, l’autre est locale.

On ne doit d’ailleurs pas s’étonner que la radio communautaire soit souvent vue comme une pépinière de talents pour Radio-Canada et que plusieurs membres de son personnel soient déjà passés par l’une ou l’autre de nos radios avant de poursuivre leur carrière au sein de la Société d’État.

Deux de nos anciens collègues de l’ARC du Canada sont d’ailleurs maintenant des animateurs du matin à la radio de Radio-Canada.

Nous ne voyons pas cette situation comme un problème mais plutôt comme une opportunité pour nos deux secteurs de travailler ensemble sur la formation et le coaching de la relève. »

 

Martin Bougie (directeur général de l’ARCQ)

« Des avenues pourraient être explorées au niveau de l’accès de nos employés et bénévoles aux formations offerte par la SRC à ses employés mais aussi l’élaboration de programmes de formations conjoints. Certaines stations communautaires font appel à des employés de Radio-Canada pour offrir de la formation à leurs employés/bénévoles, mais c’est toujours sur une base informelle et individuelle. Nous croyons qu’à ce chapitre, tous auraient avantage à formaliser une collaboration.

Une autre problématique vécue par nos radios est l’accès à des ressources techniques (techniciens, sites émetteurs, équipements), et ce, particulièrement dans les régions éloignées. La SRC diffusant dans l’ensemble du territoire et disposant de ressources techniques pour l’entretien de ses infrastructures, il pourrait s’avérer bénéfique pour nos stations que les ressources techniques de la SRC puissent avoir la possibilité d’offrir leurs services aux radios communautaires. Il n’est pas ici question de services offerts gratuitement mais d’une accessibilité à ces ressources.

Nos recommandations sont donc :

• Que le Conseil refuse à CBC/Radio-Canada le droit de diffuser de la publicité à Espace Musique et CBC Radio 2;

• Que la Société d’État et le mouvement de la radio communautaire tissent des liens pour la formation et le coaching de notre personnel et de nos bénévoles;

• Que nous disposions d’un accès accru et plus facile aux ressources techniques de CBC/Radio-Canada (Ex. : techniciens, sites émetteurs, équipements), et ce, tout particulièrement dans les régions éloignées.

Nous sommes prêts, mesdames et messieurs, à répondre à vos questions. Merci. »

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