1, rue Nicholas, bureau 1206, Ottawa (On) K1N 7B7

(613) 562-0000 rfa@radiorfa.com

On a une mourante sur les bras

Cadran de radio
Image : nuttakitFreeDigitalPhotos.net 

On l’a vu cette semaine dans les résultats de 2011 publiés par Statistique Canada. On trouve de moins en moins de stations à écouter lorsqu’on s’aventure sur la bande AM. 

Plusieurs stations AM ont fermées depuis les dernières années, tandis que d’autres, encore chanceuses de pouvoir trouver une fréquence sur la bande FM, ont tout simplement fait le saut et se sont converties.

Les statistiques de 2011 dévoilées en début de semaine parlait de seize fermeture de radios AM au pays depuis 2009.

Une autre s’est ajoutée à ce triste palmarès récemment; Québec 800 a cessé d’émettre la semaine dernière. Elle était en ondes depuis avril 1926.

 

Y a-t-il encore de l’espoir pour l’AM au Canada ?

Bizarrement, l’une des problématiques qu’on soulève dans l’industrie de la radio au pays, c’est la saturation de la bande FM dans plusieurs agglomérations urbaines.

À Ottawa-Gatineau, par exemple, le CRTC et Industrie Canada ont même déjà été carrément obligés de sortir un lapin de leur chapeau pour faire des accommodements, c’est à dire d’insérer une station sur la bande FM à un endroit où elle n’aurait pas due l’être autrement.

Il est clair qu’avec une population qui vieillit, et une nouvelle génération qui n’a pratiquement rien connu de la radio AM, les efforts qui devront être déployés risquent d’être colossaux afin de redonner vie à une bande de fréquence qui a malheureusement le défaut, diront certains, de ne pas « sonner » aussi bien que la bande FM.

Où alors, on ne s’acharne plus, docteur. On débranche la patiente et on laisse mourir dans une lente agonie !!!

 

Quelques idées en vrac

Aux États-Unis, un commissaire de la Federal Communications Commission (FCC) demandait récemment à des professionnels des médias s’il n’allait pas falloir faire tomber certaines barrières réglementaires afin de revitaliser la bande AM.

Dans le cas où le Canada et les États-Unis accéléraient les démarches pour numériser la radio, faudrait-il, par exemple, favoriser d’abord la conversion des radios de la bande AM avant d’octroyer cette permission aux radios FM ?

On accélérerait peut-être la désertion de la bande AM, mais on favoriserait le passage au spectre numérique et on libérerait une partie de cette bande de fréquences abandonnée qu’on destinerait à d’autres usages.

 

Faudrait-il adopter des mesures plus souples ou en tout cas moins contraignantes pour les radiodiffuseurs AM ?

Peut-être, diront quelques-unes, mais à quel(s) niveau(x) ? Programmation ? Musique ? Devis techniques et puissance de transmission ?

 

Pourrait-on permettre à des radios FM déjà existantes de posséder aussi une ou même plusieurs fréquences AM avec des caractéristiques techniques distinctes les unes des autres par rapport au rayonnement et à la puissance, ce qui permettrait d’améliorer la diffusion dans certains secteurs moins bien couverts ?

Et le contraire pourrait-il se faire aussi, c’est à dire d’assouplir les règles pour qu’un diffuseur déjà sur la bande AM puisse y demeurer tout en possédant aussi un réémetteur FM sur une ou plusieurs autres portions de sa région ?

Devrions-nous aller dans un appel d’offres pour l’octroi en masse de licences AM, en faire des radios de services essentiels et mettre en place des mesures de discrimination positive à l’égard des stations qui jouiraient de ce statut ?

Je lance des idées bien sûr.

 

Toutes les idées sont sur la table

Une chose est certaine, ce sont là toutes des questions que se posent actuellement les Américains et que nous aussi devrons nous poser. Parce que le constat est clair.

Il y a de moins en moins de stations sur la bande AM. Les bénéfices sont la moitié moins élevés en ce moment que sur la bande FM. Et on a des problèmes de saturation du FM dans certaines agglomérations urbaines telles que Toronto ou Ottawa pour ne citer que celles-là.

Quoi faire pour sauver la bande AM ? Mais d’abord, voulons-nous vraiment la sauver ? C’est surtout, à mon avis, cette première question que nous devrions nous poser.

ÉGALEMENT SUR NOTRE SITE :  5 ennemis qu'on fuit quand on anime à la radio
%d blogueurs aiment cette page :