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Une réunion dont nous sommes (presque) les héros

(Par Simon Forgues) – Je me souviens des livres-jeux de la série « Un livre dont vous êtes le héros ».

Quand j’assiste aux réunions du groupe de discussion du CRTC avec les  communautés de langues officielles en situation minoritaire (CLOSM), j’ai de plus en plus l’impression que nous en sommes (presque) les héros.

Bon, d’accord. Je l’avoue. Il n’y a ni les épées, ni les points de chance, ni les dés à jouer.

Mais, contrairement à une certaine époque où j’avais l’impression d’assister davantage à un monologue qu’à un dialogue, je pense que les CLOSM deviennent (enfin !) de plus en plus les héros de ces réunions.

D’aucuns diront que c’est encore essentiellement un groupe de discussion, sauf que j’ai de plus en plus la réelle impression que notre voix porte davantage qu’à une certaine époque.

Le temps me dira si j’ai raison ou tort.

Je constate en tout cas, et c’est mon opinion bien personnelle, qu’il semble y avoir une réelle volonté de la part du CRTC de se rapprocher des Canadiens, dont ceux de nos communautés en situation minoritaire. Plusieurs décisions prises au cours des derniers mois et années semblent nous en fournir la preuve.

 

J’ai assisté hier (17 novembre) à la 11e réunion du groupe de discussion du CRTC aux côtés d’autres organismes comme  la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada et la Fédération culturelle canadienne-française (FCCF).

Dommage qu’il y ait eu autant d’absents.

J’ai quelquefois l’impression que plusieurs ne saisissent pas pleinement à quel point nous pourrions faire de cette tribune un véritable levier pour le bénéfice de nos communautés. Mais, c’est un autre débat. Pourtant, ce ne sont pas les dossiers d’importance pour nos communautés qui ont manqué au cours des dernières années.

Renouvellement des licences de Radio-Canada, modernisation des équipements de Norouestel, déploiement d’Internet à large bande, lancement de la télévision numérique terrestre et interruption de service de plusieurs émetteurs analogiques, etc.

 

Vous trouverez en ligne d’ici quelques semaines le procès-verbal de cette réunion, mais voici quand même déjà quelques informations en vrac :

  • L’ARC du Canada n’est que l’une des nombreuses organisations du pays membres de ce groupe de discussion du CRTC avec les CLOSM. La liste complète est sur cette page.
  • Puisque le CRTC est assujetti à la Loi sur les langues officielles, une section complète du site Web est dédiée aux besoins des minorités linguistiques afin que notre système canadien de radiodiffusion puisse refléter la dualité linguistique du Canada.
  • En 2013, il y avait 497 CLOSM au Canada, ce qui constituait 6 % de la population canadienne. Ces communautés sont constituées non seulement de francophones vivant hors Québec mais aussi d’anglophones vivant au Québec.
  • Les communautés de langue officielle en situation minoritaire sont disséminées un peu partout au Canada, du nord au sud et de l’est à l’ouest, mais sachez que 80 % d’entre elles se trouvent en Ontario, au Québec et au Canada Atlantique.
  • 72 % des ménages de langues officielles minoritaires ont accès à un service de radio en direct dans leur langue par la voie des ondes terrestres. Cela signifie que plus d’un Canadien sur quatre (28 %) ne peut syntoniser une radio AM ou FM dans sa propre langue. Ces gens doivent à tout prix écouter la radio Internet ou même sur le câble s’ils espèrent entendre parler leur propre langue.
  • Un Fonds de participation à la radiodiffusion a été mis sur pied afin de permettre aux groupes de consommateurs et aux organismes de défense de l’intérêt public de se faire rembourser leurs frais liés à leur participation aux instances du CRTC.
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Des dossiers qui nous intéressent particulièrement

Parmi les dossiers particulièrement intéressants pour notre secteur, on a pu apprendre hier qu’à part la révision ciblée des politiques relatives au secteur de la radio commerciale parue le 28 octobre dernier, le CRTC n’entend pas se pencher de nouveau sur le cas des radiodiffuseurs privés avant plusieurs années.

Ceux qui s’attendaient à une refonte de fond en comble comme celle de notre secteur il y a quelques années seront un peu déçus. Meilleure chance la prochaine fois. Pas grand’ chose de nouveau pour secouer les puces des radios privées. Faut pas trop les sortir de leur zone de confort.

Cela étant dit, sachez qu’il y aura une révision de la politique réglementaire sur la radio ethnique d’ici très peu de temps et qu’on se penchera aussi sur celle de la télévision communautaire.

En passant, puisqu’on parlait de radio, comme je vous l’indiquais dans un précédent billet il y a quelques semaines, le CRTC n’entend pas échafauder de véritable politique d’encadrement quant au déploiement de la radiodiffusion numérique hybride (HD Radio) au Canada.

Le dossier fait du surplace, comme on a pu le constater. Dommage puisqu’on assiste à un déploiement de mieux en mieux orchestré de la radio numérique terrestre dans plusieurs autres pays du globe, dont l’Europe et l’Asie. Dans quelques pays, on commence même à évoquer déjà un calendrier pour l’abandon de la radio AM et FM.

Enfin, pour ceux que ça intéresse, vous pouvez prendre connaissance du plan triennal du CRTC pour l’exercice 2014-2017 directement sur le site Web.

Je partagerai avec vous au moment opportun, le lien vers le procès-verbal de la réunion d’hier. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à me les poser dans l’espace de discussion ci-dessous. Je tiens à remercier tout particulièrement Mme Rachelle Frenette et M. Frédéric Janelle pour l’accueil.

 

(Image gracieuseté de Pixabay.com / licence Crective Commons)

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Simon Forgues

Agent (communications et développement) chez l'ARC du Canada
Diplômé en animation radio/télé au début des années 1990, il a œuvré pendant près d'une vingtaine d'années dans diverses stations de radio et a cumulé également des tâches en coordination musicale et à la programmation.
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