Et si Twitter devenait une coopérative pour en éjecter Donald Trump?

Deviendriez-vous membre de la coop Twitter si l’on vous offrait une part sociale assortie d’une chance (entre autres) de sortir Donald Trump à grand coup de pied au c…?

L’idée vous semble saugrenue? Réfléchissez-y 2 secondes…

Twitter ne fait pas d’argent et n’est pas près d’en faire non plus

Depuis sa création en mars 2006, Twitter a prouvé son efficacité en maintes circonstances, dont certaines sont passées à l’histoire. Qui ne se souvient pas du rôle qu’a joué le réseau lors du printemps arabe entre autres? Oui, Twitter est puissant. Sauf que…

Malgré sa remarquable capacité à agréger un noyau d’influenceurs autour des thématiques les plus brûlantes de l’actualité, il ne fait pas d’argent.

Être en affaires et ne pas faire d’argent. Méchant problème, sauf bien sûr quand on est une organisation sans but lucratif.

Par contre, Twitter est cotée en bourse, et, au cours de ses 11 années d’existence, l’entreprise a toujours baigné dans l’encre rouge.

« Mesdames, messieurs, nous avons atteint notre altitude maximale! »

Le nœud, c’est que Twitter ne réussit plus à attirer de nouveaux abonnés. L’avion – ou disons plutôt l’oiseau bleu – a visiblement atteint son altitude maximale.

Des politiciens, influenceurs, animateurs et journalistes, on en trouve. En revanche, relativement peu de ménagères et de cols bleus. Sont où les mères de famille et les travailleurs ordinaires? Sur Facebook.

Arrêtez de fantasmer que Twitter va atteindre 500 millions d’abonnés demain ou après-demain. Ça… n’arrivera… pas.

Les statistiques en témoignent; les utilisateurs mensuels plafonnent. En fait, pour être précis, le réseau social peine à accroître son nombre d’utilisateurs depuis 3 ans.

J’avais déjà écrit sur le sujet en 2015 et ça ne va pas mieux 2 ans plus tard. À ce point, c’est devenu de l’acharnement thérapeutique de la part de l’entreprise.

Les utilisateurs mensuels actifs de Twitter entre 2010 et 2017

Ma suggestion pour sortir (peut-être) Donald Trump :

Alors, que Twitter devienne une coop où le but n’est pas tant de viser la profitabilité mais plutôt le bénéfice de ses membres.

Les utilisateurs en deviennent des membres à part égale. Rendre la voix du mouvement plus forte que celle d’un gueulard.

Au pis aller, s’il y a des profits, on vote une façon de les retourner sous forme de ristournes aux membres et/ou l’on redonne à la société. Des bourses aux étudiants en journalisme, financement de plateformes d’informations vérifiées, etc.

Je lisais récemment une ancienne agente de la CIA voulait racheter Twitter pour en exclure Donald Trump. Ça ne marchera pas comme ça.

Tout le monde a 1 part. Point à la ligne. 1 compte = 1 part. Donald n’a qu’une part et Jean-Louis a sa part sociale.

Ça deviendrait une sorte d’agence de presse coopérative. Tout membre pourrait créer son propre fil d’actualités et agréger un noyau d’influenceurs, journalistes et professionnels autour de lui et de son contenu.

À l’assemblée annuelle des membres, on soumettrait aux utilisateurs des questions sur lesquelles ils pourraient voter.

 

Ça pourrait être une façon, à titre d’exemple, de voter démocratiquement si l’on doit exclure ou pas le président Trump de la plateforme suite aux plaintes répétées d’un certains nombres d’usagers.

Si une majorité de membres en exprimaient la volonté, ce serait sans doute la façon la plus facile et logique de le faire.

Surtout qu’on apprenait récemment que si Donald Trump était poussé hors de Twitter, le réseau perdrait 2 milliards de sa capitalisation boursière.

Ici, pas d’actions mais des parts sociales. Coopérative n’est pas synonyme d’organisme caritatif, ne vous y trompez pas.

La coopérative : pas un mais DES modèles de succès

Le modèle coopératif, c’est le même modèle qui a fait de Desjardins l’une des institutions financières les plus solides en Amérique du Nord. Ça marche plutôt bien, non?

C’est également le modèle qui nous a donné l’une des agences de presse les plus respectées de la planète, j’ai nommé La Presse canadienne.

La Coop fédérée, comme autre exemple, a des filiales connues comme Olymel dans la transformation des viandes, Unimat et BMR dans la rénovation, ainsi que la pétrolière Sonic.

Comment sortir Donald Trump de Twitter? En devenant une coopérative

 

Petit calcul…

La capitalisation boursière de Twitter tourne actuellement autour de 12 milliards $US et l’on dénombre 328 millions d’usagers actifs à chaque mois.

Douze milliards divisés par 328 millions d’usagers actifs, ça donne 37 $US, donc à peu près 45 $CA.

Actuellement, l’action de Twitter n’atteint pas 20 $US.

Donc, s’acheter une parte sociale de Twitter, ce serait comme s’acheter 2 actions. Mais avec plus de pouvoir que vous n’en aurez jamais sur l’avenir du réseau social.

Essayez d’acheter 2 actions de Twitter à 20 $US demain matin et d’appeler le bureau-chef de Twitter pour sortir Donald Trump. Imaginez la tête qu’ils vont faire.

Maintenant, je reformule la question.

Seriez-vous prêt à acquérir 1 part sociale de Twitter à 45 $CA? Ça vous donnerait le droit, entre autres, de voter sur l’éviction de Donald Trump lors de la ratification du membership à la prochaine assemblée générale.

Si la réponse est non, alors aussi bien fermer boutique. Ou faites comme j’ai fait le mois dernier. J’ai fermé mon compte Twitter personnel.

En attendant qu’on m’offre une part sociale à 45 $ pour avoir la chance de voter sur le sort de Donald.

Simon Forgues

Diplômé en animation radio/télé au début des années 1990, il a œuvré pendant près d'une vingtaine d'années dans diverses stations de radio et a cumulé également des tâches en coordination musicale et à la programmation.

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