Mort de la bande FM en Norvège : distinguer le vrai du faux

Depuis environ une semaine, les médias rapportent que la bande FM disparaîtra du paysage radiophonique de la Norvège. Mais qu’en est-il réellement?

Une nouvelle qui n’en est pas vraiment une, puisque l’information était connue depuis de nombreuses années. J’avais d’ailleurs écrit un texte là-dessus au mois d’avril… 2015.

Mais la bande FM disparaîtra-t-elle vraiment de la Norvège?

Comme l’écrit Endre Juel Lundgren du site RadioAssistant.com, la vérité a été pour ainsi dire un peu maquillée.

Dans les faits, toutes les plus grosses stations FM éteindront effectivement leur émetteur analogique pour se convertir au numérique.

En revanche, certaines stations locales hors des grandes villes conserveront leur licence de radiodiffusion sur la bande FM.

Pour combien de temps? Difficile de le dire. Mais une chose est certaine, la bande FM ne disparaîtra pas complètement de la Norvège demain matin en claquant des doigts.

Cela dit, ce ne sera d’ailleurs pas le silence complet sur la bande FM au cours des prochaines semaines ou même les prochains mois.

La transition s’effectuera en effet sur une période d’un an, et ce, d’une région à l’autre.

Donc, non, la bande FM n’est pas disparue ce 11 janvier 2017 en Norvège, comme l’ont dit et écrit certains journalistes.

Pourquoi interrompt-on la transmission sur la bande FM?

Pourquoi changer quelque chose qui fonctionnait plutôt bien, demanderont certains?

C’est que la Norvège paraît plutôt difficile à couvrir avec la bande FM en raison des ses particularités topographiques.

Le pays étant parsemé tantôt de fjords, tantôt de montagnes et de forêts, il sera assurément plus simple et moins dispendieux de desservir la population en utilisant le numérique.

Difficile de couvrir de tels territoires avec la bande FM
Photo : Sorbyphoto / Pixabay

Dans les régions où la couverture radiophonique est inadéquate, il faut installer de réémetteurs FM souvent de très fortes puissances. Ceux-ci sont non seulement dispendieux mais ils coûtent aussi très cher en électricité.

On le sait au Canada, certaines stations ont quelquefois recours à 2 ou même 3 réémetteurs FM afin de couvrir toute la population de leur région.

La radio numérique permet quant à elle de disséminer des émetteurs à des endroits plus stratégiques, et, la plupart du temps, à des puissances nettement moins élevées qu’avec la bande FM.

Là où l’on doit quelquefois installer un émetteur FM de quelques centaines ou même des milliers de watts, il sera désormais possible de mieux couvrir le territoire à l’aide de plusieurs petits émetteurs numériques d’à peine quelques dizaines de watts.

Au final, ça se traduira assurément par d’importantes économies d’énergie. Certains croient d’ailleurs que la facture d’électricité pour la radio norvégienne devrait être 8 fois moins élevée à la fin de l’opération. À voir…

Les Norvégiens sont-ils si rébarbatifs à l’idée de passer au numérique?

Dans son texte sur RadioAssistant.com, Endre Juel Lundgren écrit que le peuple norvégien n’est sans doute pas aussi réfractaire à ce changement que les sondages le laissent croire.

À en croire certains chiffres, les deux tiers des Norvégiens désapprouveraient apparemment la rapidité à laquelle s’effectuera la transition. Possible.

En revanche, pas moins de 74 % des foyers possèdent d’ores et déjà au moins un récepteur numérique.

Ils ne sont donc peut-être pas tous séduits par l’idée, mais ils ont quand même pris les dispositions nécessaires pour embarquer dans la parade.

Ce qui n’a rien d’étonnant dans un pays que l’on estime extrêmement progressiste voire carrément avant-gardiste.

D’ailleurs, l’auteur souligne un fait intéressant en terminant. Pas moins de 300 000 Norvégiens auraient reçu un récepteur radio numérique à Noël cette année. Ça fait pas mal de récepteurs pour une population qui, selon les sondeurs, désapprouveraient ce changement avec vigueur.

 

(SourceThe facts: The Norwegian FM switch-off / RadioAssistant.com)

Simon Forgues

Diplômé en animation radio/télé au début des années 1990, il a œuvré pendant près d'une vingtaine d'années dans diverses stations de radio et a cumulé également des tâches en coordination musicale et à la programmation.

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