Que se passe-t-il sur le Web quand survient une panne de Facebook?

Temps de lecture (moyen) : 3 minutes

(Par Simon Forgues) – Lorsque Facebook devient soudainement inaccessible, comme ce fut le cas le 3 août dernier pendant près d’une heure, devinez ce qui arrive sur les sites Internet des médias à travers le monde.

L’apocalypse? Oh, que non!

On assiste plutôt à une remontée remarquable du trafic naturel et direct. Hé, oui!

Quand les gens ne passent plus par Facebook pour s’informer lorsqu’il est en panne, ils usent plutôt de la recherche et de l’accès direct aux sites Web.

Des leçons à tirer, messieurs, dames?

Des chiffres éloquents

Chartbeat, une société technologique new-yorkaise fondée en 2009, fait de la veille en ligne. Elle vend de précieuses informations concernant le trafic Web à des éditeurs de contenu, des entreprises médiatiques et des sites de nouvelles.

La firme a publié un graphique pour le moins surprenant. Celui-ci illustre ce qui s’est produit le 3 août dernier, tandis que Facebook s’éteignait pendant 45 interminables minutes.

Que s’est-il produit? Voyez le soubresaut un peu après 16 heures. Au moment où Facebook s’est éteint.

Le trafic en provenance des médias sociaux a évidemment plongé. C’est la ligne bleue en bas complètement.

Pourquoi le trafic n’est-il pas tombé à zéro si Facebook était en panne, demanderont les plus curieux?

Ah, mais c’est qu’il restait quand même Twitter, Instagram, Google+ et les autres bien sûr.

Sauf que Facebook, lui, n’était plus là. Avec les conséquences qu’on remarque.

À l’inverse, les autres sources de trafic, particulièrement la recherche et l’accès direct, ont grimpé soudainement.

Que retenir de cet événement?

Autrement dit, si Facebook n’est pas là pour leur rentrer au fond la gorge des informations triées pour eux par des algorithmes, les internautes s’informent eux-mêmes.

Mais le vôtre, votre site Web, est-il suffisamment bien référencé dans les moteurs de recherche pour que les gens vous trouvent?

Les gens viendraient-ils quand même vous voir si Facebook tombaient en panne quelques heures? Ou quelques jours?

L’adresse de votre site est-elle assez bien connue pour que les gens y accèdent sans devoir compter sur les médias sociaux? Sur vos cartes d’affaires, vos affiches, votre matériel promotionnel, etc.

Prêcher par l’exemple

Ça fait des années que je m’évertue à dire à nos membres de ne pas seulement se fier sur les médias sociaux pour leur apporter du trafic.

Ne… mettez pas… tous vos oeufs… dans… le même… panier. Me semble que c’est assez clair.

Diversifiez vos sources de trafic;
Choisissez bien les plateformes sociales qui collent à votre auditoire;
Alimentez votre site Web régulièrement;
Mettez du bon contenu;
Propagez l’adresse de votre site partout, partout où vous le pouvez.

Pourquoi suis-je si peu enclin à vous recommander de vous fier uniquement sur les réseaux sociaux pour vous attirer du trafic, comme certaines grandes entreprises de presse l’ont fait ces dernières années?

C’est notamment parce que plus de 7 internautes sur 10 visitent notre site par le biais d’une recherche.

En détail, sur l’année en cours, ça donne ceci :

76,49 % pour le trafic organique (i.e. la recherche);
13,98 % pour l’accès direct;
6,65 % pour le social (Facebook, Twitter, etc.);
2,88 % pour les sites référents.

Et je vous assure que, pour une organisation comme la nôtre, du trafic, ce n’est pas ce qui nous manque.

Après, lorsque du monde me fait remarquer : «Simon, tu n’as pas l’air de beaucoup apprécié les médias sociaux!», je leur fais remarquer à mon tour que ce n’est pas que je ne les aime pas.

C’est surtout que je leur accorde la véritable place que j’estime qu’ils devraient avoir dans ma stratégie Web.

C’est-à-dire quelque chose d’assez négligeable, en ce qui me concerne.

En fait, à peu près la moitié moins d’importance que les internautes qui tapent l’adresse de notre site Web directement dans leur navigateur. Aussi simple que ça.

Sources :

«L’impact d’une panne Facebook sur le trafic des sites médias», Blog du modérateur, 26 septembre 2018
«L’effet inattendu d’une panne Facebook sur le trafic des médias», Presse-Citron, 24 septembre 2018
«Chartbeat traffic during the Facebook outage on Aug. 3», Quartz, 22 septembre 2018

Image à la une :

Pixabay, licence CC0

Simon Forgues

Diplômé en animation radio/télé au début des années 1990, il a œuvré pendant près d'une vingtaine d'années dans diverses stations de radio et a cumulé également des tâches en coordination musicale et à la programmation.

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