Le camp d’été radiophonique, outil de perfectionnement du français

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L’automne à nos portes, les enfants de retour à l’école, à CILS FM en Colombie-Britannique, le moment est venu de dresser le bilan du premier camp de jour radiophonique qui s’est tenu cet été.

Une expérience mûrement préparée

Ce n’est ni le fruit du hasard ni l’improvisation qui ont conduit la station britanno-colombienne à se lancer dans l’aventure d’un camp estival en 2018.

Comme le souligne la directrice générale Charlotte McCarroll, la Société radio communautaire Victoria avait déjà des liens avec le milieu scolaire pour la réalisation d’ateliers de radio.

Ils allaient ainsi offrir une opportunité supplémentaire d’apprentissage durant les vacances estivales, et ce, à travers l’amusement et la découverte de la radio, à des jeunes soucieux d’acquérir ou d’améliorer leurs compétences linguistiques en français.

Cette première édition constituait en quelque sorte un laboratoire pour peaufiner la formule des prochaines éditions. C’est donc tout naturellement que les invitations à s’inscrire furent partagées à travers les écoles du secteur, mais pas tellement à l’avance.

C’est d’ailleurs quelque chose qui sera pris en considération l’an prochain. S’y prendre à l’avance.

À tel point qu’on travaille déjà sur un camp printanier pour la relâche de mars, ainsi qu’une offre estivale plus étoffée qui s’étirera sans doute sur quelques semaines l’an prochain.

C’est dire comme le succès fut au rendez-vous. Les jeunes ont pu parfaire ou même préserver leur français sans s’embarrasser des bouquins scolaires, pendant que d’autres de leurs camarades avaient sans doute davantage la tête à la baignade qu’aux leçons.

L’expérience se transformera donc en rendez-vous annuel.

Une organisation réglée au quart de tour

La clé du succès a résidé essentiellement dans un horaire et une organisation réglés au quart de tour, comme nous l’a précisé la responsable de la station.

Chaque matin, les jeunes effectuaient une brève recherche sur les lieux qu’ils visiteraient en journée et préparaient des questions.

Rendus sur place, ils visitaient les lieux, réalisaient des entrevues auprès des responsables à l’aide d’enregistreuses portatives, puis, après la pause du lunch, ils procédaient au montage sonore de leurs entrevues.

Le vendredi, la journée était consacrée à l’enregistrement des interventions ainsi qu’au montage final de l’émission.

Le dernier soir, pour clore cette belle semaine d’activités, une émission spéciale a été diffusée à la radio ainsi que sur le Web.

S’entendre à la radio. La consécration ultime pour de jeunes reporters en herbe qui ont ainsi pu apprécier concrètement le fruit de leurs efforts, un peu comme le peintre lors d’un vernissage.

Le calendrier était si bien préparé que dès la seconde journée, la routine s’était installée et les jeunes connaissaient le fonctionnement presque sur le bout des doigts.

Cela étant dit, rien n’avait été laissé au hasard non plus afin de parer à toute éventualité. Assurance accidents, décharge à faire signer par les parents, formulaire à remplir. Tout avait été bien préparé.

Savoir faire des choix et les bons

L’âge des jeunes? Pour cette première mouture cinq jeunes furent accueillis pendant une semaine. L’aventure était destinée à ceux de 10 à 14 ans. Un âge rigoureusement déterminé au préalable.

On estime qu’il aurait été difficile de produire suffisamment de contenu exploitable à la radio avec un groupe moins âgé. D’un autre côté, ç’aurait été beaucoup plus compliqué de maintenir l’attention et la discipline d’un groupe de jeunes plus âgés. Cette tranche d’âge (10 à 14 ans) fut donc parfaite pour ce genre d’initiative.

Le coût d’inscription? 200 $ par semaine pour 5 journées entre 8 h 00 et 16 h 00. Moyennant 50 $ supplémentaires par semaine, les parents pouvaient bénéficier d’un service de garde plus tôt en matinée et plus tard en fin de journée, soit de 7 h 00 à 17 h 00.

Des leçons à tirer pour les prochaines années

L’organisation a beaucoup appris de cette première saison et tire des leçons pour les éditions subséquentes.

Des jeunes de 10 à 14 ans, lorsqu’ils ne sont pas occupés, ça requiert d’être bien encadré.

Il faudra assurément encore mieux les encadrer et les tenir occupés constamment. Un boulot qui exigera assurément un savant dosage de pédagogie et de savoir-faire, tout en sachant les amuser.

Lorsqu’on lui demande d’attribuer une note finale à l’aventure, Charlotte McCarroll n’hésite pas. Celle-ci attribue un pointage de 7,5 ou même de 8 sur 10.

Un résultat tout à fait respectable pour un projet qui ne servait à l’origine que de banc d’essai.

Et l’an prochain? lui ai-je demandé.

Mme McCarroll croit qu’elle ne changera rien à l’horaire ou si peu. Les échéanciers imposés aux participants sont parfaits; le fonctionnement est suffisamment rodé.

Le matin, on se prépare. Ensuite, on visite et on réalise des entrevues. On dîne, puis on fait du montage durant l’après-midi.

Par contre, celle-ci croit qu’il faudra mettre encore davantage l’accent sur le divertissement plutôt que l’aspect radio.

Faire de la radio, c’est bien. Mais s’amuser, éprouver du plaisir à apprendre, c’est encore mieux.

Et pour le prix? Les francophones, enfin plusieurs d’entre eux ont apparemment trouvé que le prix était un peu trop élevé.

Les francophiles, eux, semblent avoir été enchantés de trouver une telle proposition de camp d’été à un montant si peu élevé. C’est dire comme un camp d’été radiophonique peut être une formdiable opportunité de perfectionnement ou même d’apprentissage du français.

Voilà une idée qui gagnerait sans doute à être exportée dans d’autres régions.

 

Note : Charlotte McCarroll m’a mentionné après l’entrevue qu’elle était disposée à fournir des informations à quiconque parmi les radios communautaires aimerait s’inspirer d’une telle intitiative. Il s’agit d’une belle façon de faire connaître la radio aux jeunes, de conquérir un nouveau public, tout en générant des revenus pour la station et en fournissant un peu d’ouvrage aux salariés de la station. Bref, pas mal d’avantages pour beaucoup de monde.

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