Non, la cassette audio et le baladeur à cassette ne sont pas morts

Des objets des années 1980 et 1990 que l’on croyait pourtant morts et enterrés, la cassette audio et le baladeur à cassette ne le sont pourtant pas.

Il n’y a pas si longtemps, je me suis procuré un lecteur de cassette afin de transférer le contenu audio d’un ruban magnétique vers un support numérique.

Le principe est simple. On branche une clé USB directement dans un port de l’appareil, puis l’on transfert les enregistrement en format numérique vers le support externe.

Ma motivation première n’était pas tellement de me doter d’un autre gadget électronique, mais plutôt de récupérer de vieux enregistrements que je n’ai plus réécoutées depuis près de 25 ans, dont quelques-uns de mes premières années en radio.

En partageant la publication dans Facebook, force est d’admettre que ma trouvaille a suscité de l’intérêt, certains se demandant entre autres où acheter un tel appareil.

Le retour en force du baladeur à cassette

En France, We are Rewind, une jeune start-up pousse le concept encore plus loin que mon petit convertisseur de cassette audio tout en plastique.

La compagnie ressuscite à toutes fins utiles le baladeur de type Walkman auquel nous étions si habitués dans les années 1980.

L’entreprise joue à tel point la carte de la nostalgie, que la vidéo promotionnelle reprend le même format d’image 4:3 qu’à l’époque.

On a même pris soin d’ajouter un effet VHS, en plus d’une musique résolument “eighties”, ce qui vous replongera assurément une quarantaine d’années en arrière.

Certains ajouts différencient toutefois le baladeur We Are Rewind du Walkman TPS-L2 de Sony lancé en 1979.

Le baladeur à cassette de We Are Rewind adopte en outre des fonctionnalités résolument modernes. Je parle de la connectivité Bluetooth 5.0, de la batterie au lithium qui permet l’écoute en continu pendant une dizaine d’heures, ou encore de la recharge grâce à un port Micro USB.

Son design mise d’ailleurs sur une finition haut de gamme en aluminium, ce qui lui confère un look ma foi très attrayant à l’œil et qui n’est pas sans rappeler les formes du Walkman original.

Son prix ? 89 euros en pré-commande, soit environ 138 dollars canadiens.

We Are Rewind
(Photo : We Are Rewind)
La nostalgie et le besoin de toucher l’objet

Comment expliquer le retour de tels objets mythiques ? En grande partie à un brin de nostalgie, évidemment.

Cependant, il ne faut pas oublier non plus que les consommateurs aiment l’idée de posséder un objet tangible.

C’est une expérience que la musique dématérialisée en format numérique n’offre malheureusement pas.

Un fichier MP3, c’est certes très pratique. Ça n’occupe aucun espace physique à part celui de l’appareil où le fichier est stocké, ce qui peut très bien d’ailleurs être un serveur informatique situé à l’étranger.

Sauf qu’il y a quelque chose de rassurant, même carrément réconfortant dans l’idée de pouvoir toucher, manipuler et, dans une certaine mesure, prendre soin d’un bien matériel qu’on souhaite ne pas abîmer mais plutôt conserver.

C’est la même chose pour le vinyle qu’on déballe soigneusement avant de le déposer sur la table tournante. Aucun fichier MP3 n’offre cette expérience.

La cassette audio était pour plusieurs adolescents l’opportunité d’enregistrer leurs chansons préférées à la radio et, pour les animateurs en herbe comme moi, la chance de produire nos premières émissions factices pour la famille et les amis.

Vous croyiez la cassette audio morte et enterrée ? Vrai qu’à la fin des années 1990, le baladeur à cassette a cédé le terrain au baladeur numérique, et que les manufacturiers de rubans magnétiques comme BASF et TDK stoppèrent leur production les uns après les autres.

Mais, détrompez-vous. On trouve encore des entreprises dont le fond de commerce est carrément le ruban magnétique et la cassette audio.

La National Audio Company aux États-Unis manufacture ses propres rubans Ferromaster C456, tandis qu’en Europe l’entreprise MULANN commercialise sa cassette FOX C60 sur ruban SM900 sous la marque RecordingTheMasters. MULANN ayant repris l’activité des bandes magnétiques de l’allemande BASF.

Aux quatre coins du globe, des studios continuent d’offrir des services d’enregistrement, de mixage et de mastérisation sur ruban audio, comme en témoigne cette page web.

À Montréal et Toronto, l’on trouve d’ailleurs toujours la compagnie Analogue Media Technologies Inc. qui propose la duplication, l’impression et l’emballage de cassettes depuis à peu près trois décennies. On peut d’ailleurs s’y procurer des cassettes vierges dans une multitude de couleurs et de durée.

Combien de temps la mode de la cassette audio durera-t-elle ? Difficile à dire.

Néanmoins, une chose est certaine. Il semble bel et bien y avoir un engouement envers le produit, et plusieurs s’en réjouissent. Pas vous ?

Simon Forgues

Diplômé en animation radio/télé au début des années 1990, il a œuvré pendant près d'une vingtaine d'années dans diverses stations de radio et a cumulé également des tâches en coordination musicale et à la programmation.

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