Merci à la radio pour son rôle dans la lutte à l’infodémie

Il y a quelques mois, la revue médicale britannique The Lancet traçait le portrait du rôle des médias sociaux pendant la pandémie de COVID-19.

Dans « What social media told us in the time of COVID-19: a scoping review », The Lancet nous en apprenait un peu plus sur le rôle que les médias sociaux ont joué dans la diffusion d’informations sur la pandémie, mais aussi dans la désinformation et… l’infodémie.

Oui, l’infodémie.

Un terme apparu au début des années 2000, mais qui n’avait pratiquement plus été utilisé depuis la crise du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) en 2003.

Et c’est ici que les médias traditionnels comme la radio ont joué un rôle important dans la lutte à l’infodémie, selon moi.

Qu’est-ce qu’une infodémie ?

Une infodémie, comme la décrit Wikipédia, est un mot-valise formé des mots « information » et « épidémie ».

Une situation où l’on assiste à la dissémination très rapide d’une quantité importante d’informations contradictoires, dont certaines sont exactes et d’autres inexactes.

Les infodémies surviennent lors d’événements d’ampleur qui touchent la santé publique, comme l’actuelle crise sanitaire de la COVID-19.

Le phénomène est si préoccupant, qu’il fait même l’objet d’une science toute récente : l’infodémiologie.

Cette science a pour but d’étudier le phénomène des infodémies, afin de contrecarrer la désinformation, d’améliorer la transmission des faits véridiques et vérifiés, et, ultimement, aider la santé publique à sauver des vies humaines.

Le célèbre dictionnaire américain Merriam-Webster consacre une page entière au mot Infodemic, le terme anglais associé à l’infodémie.

Un phénomène pourtant pas récent

Quoique le terme soit relativement récent, les infodémies existent pourtant depuis longtemps.

Certes, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’a commencé à en faire l’usage qu’en février 2020 dans le cas de la pandémie de COVID-19.  Mais, d’autres crises sanitaires avant elle ont aussi connu le phénomène de l’infodémie.

Depuis de nombreuses années, la science tente de contrecarrer les effets pervers des infodémies associées à la transmission d’autres virus tels que le VIH/SIDA, l’Ébola, ou simplement l’influenza.

Heureusement, les médias traditionnels comme la radio contribuent à endiguer le phénomène.

Il n’est pas étonnant qu’en avril 2020, le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU) António Guterres disait compter sur l’aide des médias traditionnels pour lutter contre les fausses nouvelles.

En Afrique par exemple, une enquête réalisée dans six pays révélait encore récemment que la radio demeure la première source d’information et qu’elle conserve la confiance du public, malgré l’épidémie de fausses nouvelles survenue pendant la crise de la COVID-19.

Au Canada aussi, les médias traditionnels ont contribué à mieux expliquer la crise sanitaire. Dans une enquête du Centre d’études sur les médias et CROP en novembre 2020, 80 % des répondants estimaient que les médias traditionnels (radio, télévision et journaux) les avaient aidés à mieux comprendre la crise.

Je pense qu’on peut au moins remercier ceux et celles qui ont participé à l’effort de guerre; c’en était un.

Non, je ne suis pas dupe.

Je sais trop bien que certains chroniqueurs et animateurs de radio ont pu brouiller les cartes en disséminant de l’information contradictoire au cours des derniers mois.

Mais, dans la très grande majorité des cas, le média radiophonique a joué un rôle fondamental afin de bien informer la population et lutter contre l’infodémie.

En cela, je dis : « Merci, la radio ! »

 

(Photo d’en-tête : joesef key / Unsplash)

Simon Forgues

Diplômé en animation radio/télé au début des années 1990, il a œuvré pendant près d'une vingtaine d'années dans diverses stations de radio et a cumulé également des tâches en coordination musicale et à la programmation. Il est aujourd'hui directeur des communications à l'ARC du Canada où il s'occupe notamment de la présence web.

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