Quand Socrate filtrait les fausses nouvelles à coups de passoires

Socrate, grand philosophe grec ayant vécu au Ve siècle av. J.-C., avait apparement une façon bien singulière de jauger une nouvelle lorsqu’on la lui rapportait. Le test des trois passoires.

Bon, j’avoue. C’est un peu difficile de savoir si l’on peut vraiment attribuer ou pas ce récit historique à Socrate.

Internet regorge de récits souvent attribués à tort à des célébrités simplement pour leur donner davantage de crédibilité, et, entre vous et moi, c’est assez difficile de contre-vérifier l’histoire d’une personne dont les propos remontent à plus de 2 500 ans.

Quoiqu’il en soit, que Socrate en soit le père ou pas, je pense que cette histoire devrait inspirer tout animateur ou animatrice avant de prêter foi à une nouvelle et de la rapporter en ondes à la radio.

Faites-lui passer le test de Socrate. Le test des trois passoires.

Passoire grecque du ve siècle av. J.-C., utilisée pour filtrer les dépôts du vin parfumé d'épices et de fleurs.
Passoire grecque du ve siècle av. J.-C. (Image : Wikimedia Commons / licence CC BY 4.0)
Le test des 3 passoires

Un jour une personne vint trouver Socrate et lui dit :

– Sais-tu ce que j’ai appris à propos de ton ami ?

– Un instant, répondit calmement Socrate. Avant que tu me racontes n’importe quoi, j’aimerais te faire passer un test. Celui des trois passoires.

– Les trois passoires ?

– Oui, les trois passoires, reprit Socrate. Avant de rapporter quelque choses sur les autres, il est bon de prendre le temps de filtrer ce que l’on aimerait dire. C’est le test des trois passoires.

Socrate poursuivit :

– La première passoire est celle de la vérité. As-tu donc vérifié si cette nouvelle que tu m’apportes est vraie ?

– Non, répondit la personne venue lui rapporter la nouvelle. Je n’en ai qu’entendu parler.

– Très bien, poursuivit le grand philosophe. Tu ne sais donc pas s’il s’agit de la vérité. Alors, essayons la seconde passoire, celle de la bonté. Ce que tu veux m’apprendre sur mon ami, est-ce quelque chose de bon ?

– Non ! Au contraire, répliqua son interlocuteur.

– Donc, tu veux me rapporter de mauvaises choses à son propos et tu n’as pas la certitude qu’elles soient vraies. Alors, terminons le test avec une dernière passoire, celle de l’utilité. Est-ce utile de m’apprendre ce que mon ami aurait fait ?

– Non, se rendit à l’évidence son interlocuteur. Pas vraiment.

– Alors, conclut Socrate, si ce que tu es venu me raconter à son propos n’est ni vrai, ni bien, ni même utile, pourquoi voulais-tu me le dire au juste ?

Posez-vous quelques questions avant d’ouvrir le micro

Peut-être devrions-nous faire passer plus régulièrement le test des trois passoires aux nouvelles qu’on colporte sur Internet et que l’on rapporte ensuite en ondes. On véhiculerait sans doute beaucoup moins de rumeurs et de fausses nouvelles.

Est-ce vrai ou plutôt faux ? Vérifiez vos sources, assurez-vous de leur véracité.

Est-ce bienveillant ou malveillant ? Assurez-vous de ne pas détruire de réputation, ne pas blesser, ne pas diffamer.

Et enfin, est-ce vraiment utile à rapporter ? Demandez-vous si vos auditeurs ont besoin de savoir ce que vous leur racontez.

Si votre nouvelle n’est ni vrai, ni bienveillante, ni utile non plus, alors pourquoi en parler en ondes ? demanderait assurément le philosophe grec.

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