Nos publications
Avr 11
Des gens qui s'encouragent

Le “crowdfunding” en ligne est-il fait pour votre radio ?

En quelques années, le crowdfunding est devenu un véritable phénomène de société. On en a tous entendu parler au moins une fois et peut-être y avez vous même contribué. Pourrait-il vous aider à concrétiser certains de vos projets ? Voyons-y de plus près.

Est-ce bon pour tout le monde ?

Pour les radios, je n’en doute pas. Pourquoi ?

On aurait tendance à croire que le crowdfunding, qu’on appelle socio-financement ou financement participatif en français, n’est pas tellement répandu au sein de nos radios communautaires.

Erreur.

En effet, qu’est-ce qu’un radiothon, sinon qu’un financement participatif… sur une plateforme radiophonique ?

Bref, du crowdfunding, dans une certaine mesure, pratiquement toutes nos radios membres en ont déjà fait au moins une fois.

Au fond, ce qui diffère d’un radiothon, c’est la plateforme utilisée.

Voici d’ailleurs ce qu’en dit le thésaurus du gouvernement du Québec :

RADIOTHON : « Diffusion en direct d’une émission de radio d’une durée exceptionnellement longue destinée à recueillir des dons auprès du grand public pour soutenir une bonne cause et au cours de laquelle des artistes se produisent bénévolement et des spécialistes ou des gens touchés de près par la cause en question sont appelés à venir témoigner. »

Si l’on jette un œil sur ce site du gouvernement français, l’on décrit le crowdfunding ainsi : « Le financement participatif, ou crowdfunding, est un échange de fonds entre individus en dehors des circuits financiers institutionnels, afin de financer un projet via une plateforme en ligne. »

Or, quoique ça y ressemble beaucoup dans la finalité, faire une campagne de financement en ligne diffère quelque peu d’un radiothon.

Choisissez bien votre plateforme
Quelqu'un devant deux flèches dans deux directions distinctes

Photo : Jon Tyson / Unsplash

D’abord, toutes les plateformes de crowdfunding ne sont pas destinés aux mêmes usages. Certaines acceptent les dons; c’est le cas de GoFundMe.

D’autres permettent plutôt aux contributeurs d’investir en retour d’un accès privilégié ou anticipé à un bien ou un service. Parfois avec des conditions avantageuses (ex. : rabais, options gratuites, etc.). On le voit sur Indiegogo notamment.

C’est souvent à ce type de financement que les artistes ont recours pour l’enregistrement d’un album. En voici des exemples sur Kickstarter.

Enfin, il existe des plateformes de prêt. Il est possible d’y lever des fonds, en échange du versement d’intérêts futurs ou encore des parts dans le projet.

Ce sont là essentiellement les grands types de plateforme de financement participatif.

En vérifiant les types de projets qu’on y trouve et en lisant les conditions d’utilisation, vous verrez rapidement si cela colle à votre réalité.

Faites une bonne analyse du projet et expliquez-le clairement
Des articles sur un bureau

Photo : Jess Bailey / Unsplash

C’est important de faire préalablement une bonne analyse du projet. Soyez clair et transparent dans vos explications, autant que possible. Les gens exigent de la franchise. Expliquez les mérites et l’idée derrière votre projet de levée de fonds.

Les gens seront plus enclins de donner s’ils connaissent les raisons exactes et à quoi serviront les sommes récoltées.

Ex. : notre radiothon servira à améliorer la couverture radiophonique de la région. On aura moins d’interruption grâce aux nouveaux équipements. On pourra nous entendre à davantage d’endroits et avec une meilleure qualité sonore.

Vous aurez aussi beaucoup plus de chance d’atteindre vos objectifs s’ils sont réalistes. C’est pour ça qu’il faut bien y réfléchir avant.

Vous auriez besoin de 25 000 $ pour renouveler certains équipements, croyez-vous ? Mais, est-ce réaliste ?

Il sera important de fixer au préalable l’objectif de votre campagne et, si possible, le nombre de contributeurs que vous aimeriez avoir de chaque catégorie.

Songez, par exemple, que les citoyens seront susceptibles de donner de petits dons, mais que des donateurs corporatifs pourraient, eux, apporter des contributions plus significatives. Combien y en a-t-il susceptibles de le faire ? Ça risque aussi de vous aider à fixer vos objectifs.

Surtout, ne vous démontez pas si vous n’atteignez pas les chiffres espérés. Ça peut arriver.

Construisez une bonne base d’adeptes et de donateurs
Une personne tient ses mains en forme de cœur devant le soleil

Photo : Mayur Gala / Unsplash

Comme média communautaire, on a la chance d’avoir une assez bonne idée des gens qu’on peut rejoindre et où sont-ils.

Ils seront assurément les premiers à se sentir interpelés par votre levée de fonds. Tant mieux.

Songez néanmoins à agréger d’autres sympathisants, qui ne sont peut-être pas situés à proximité, mais qui sont susceptibles de donner quand même. Soit parce qu’ils vous suivent dans Facebook et Twitter. Soit parce qu’ils sont expatriés et gardent un attachement à leur communauté. Etc.

Pensez local, bien sûr. Mais ne négligez surtout pas les natifs de la région partis vivre ailleurs, les entreprises en ligne qui aimeraient peut-être courtiser de potentiels clients de votre coin de pays, etc.

N’hésitez pas à relancer vos anciens donateurs, ainsi qu’à inviter les abonnés à votre infolettre et vos médias sociaux à contribuer.

 

Songez à offrir des avantages et/ou des cadeaux en échange d’un don
Boîtes cadeaux marron sur une surface blanche

Photo : Leone Venter / Unsplash

Peut-être pensiez-vous récolter simplement des dons purs et simples, par exemple. Mais, y aurait-il moyen de transformer votre collecte en une forme d’investissement ? Ou encore d’offrir un cadeau en contrepartie d’une contribution de tels montants ?

Si vous approchez des entreprises pour des dons, peut-être seront-elles plus enclines à vous supporter si vous proposez des plans publicitaires bonifiés spécialement conçus pour cette levée de fonds. Ce peut être une façon astucieuse d’attirer des contributions plus généreuses.

On s’aperçoit que les donateurs potentiels sont plus enclins à contribuer si 1) ils savent à quoi servira leur contribution, 2) ils se sentent interpelés par le projet et 3) ils en retirent un certain bénéfice.

Mais, que vous ayez décidé d’offrir une récompense ou un avantage en échange d’un don, n’oubliez jamais de remercier les donateurs.

C’est essentiel. Qu’il s’agisse d’un courriel adressé personnellement ou de remerciements en ondes, un merci bien senti fait toujours du bien.

Voici en terminant quelques exemples de récompenses qu’une radio comme la vôtre pourrait offrir en contrepartie d’un don en ligne, tout dépendant bien sûr des montants.

  • le nom des donateurs inscrits sur un mur virtuel dans le site web et la page Facebook ;
  • autocollant ou stylo aux couleurs de la radio ;
  • bracelet, épinglette ou macaron spécial en édition limitée aux couleurs de l’événement ;
  • t-shirt de la radio pour les contribution un peu plus élevées ;
  • soirée V.I.P. avec l’équipe des animateurs pour les contributions à partir d’un tel montant ;
  • forfaits publicitaires bonifiés (ex. : 2x la quantité de spots) pour de gros dons ;
  • chèques cadeaux ou bons rabais d’entreprises locales qui s’annoncent à la radio ;
  • etc.

Ajustez les récompenses au fur et à mesure que les montants progressent.

Songez à offrir des exclusivités qui seront destinés à vos généreux contributeurs mais pas à d’autres personnes par la suite. Ça aide à créer un buzz, le sentiment d’avoir contribué à bâtir quelque chose.

 

Le crowdfunding en ligne, c’est simplement reprendre un principe de financement populaire déjà bien connu, puis de l’adapter aux réalités de l’univers virtuel.

Quels sont VOS conseils pour du crowdfunding qui fonctionne ? On est curieux de vous lire là-dessus.

À propos de l'auteur

Professionnel du domaine des médias électroniques avec plus de 30 ans d'expérience, Simon Forgues est à l'emploi de l'Alliance des radios communautaires du Canada depuis 2007. Diplômé en animation radio et télévision au Collège Radio Télévision de Québec, il possède aussi une attestation d'études en création de podcast du Collège Bart. Impliqué dans de nombreux projets liés à la radiodiffusion, et ce, de l'idéation de contenu jusqu'à la production, il a œuvré dans différentes radios du Québec et de l'Ontario, où il a cumulé également des tâches liées à la coordination musicale et à la programmation.